Que s’est-il passé dans le monde, après la guerre et l’après-guerre ?
La normalité.
Oui, la normalité. Dans l’état de normalité, on ne regarde pas autour de soi : tout autour se présente comme « normal », privé de l’excitation et de l’émotion des années d’urgence. L’homme tend à s’assoupir dans sa propre normalité, il oublie de réfléchir sur soi, perd l’habitude de se juger, ne sait plus se demander qui il est.
C’est alors qu’il faut créer, artificiellement, l’état d’urgence : ce sont les poètes qui s’en chargent. Les poètes, ces éternels indignés, ces champions de la rage intellectuelle, de la furie philosophique.

Pier Paolo Pasolini / La rage / Éditions NOUS

méditation-et-océan

Qu’est-ce qui rend mécontent le poète ?
Une infinité de problèmes qui existent et que personne n’est à même de résoudre : et sans la résolution desquels la paix, la véritable paix, la paix du poète, est irréalisable.
Par exemple : le colonialisme. Cette violence anachronique d’une nation sur une autre, avec ses séquelles de martyrs et de morts.
Ou : la faim, pour des millions et des millions de sous-prolétaires.
Ou : le racisme. Le racisme comme cancer moral de l’homme moderne et qui, précisément comme le cancer, prend une infinité de formes. C’est la haine qui naît du conformisme, du culte de l’institution, de l’arrogance de la majorité. C’est la haine pour tout ce qui est différent, pour tout ce qui ne rentre pas dans la norme, et perturbe ainsi l’ordre bourgeois. Malheur à celui qui est différent ! Voilà le cri, la formule, le slogan du monde moderne. Haine envers les noirs donc, les jaunes, les gens de couleur : haine envers les juifs, haine envers les enfants rebelles, haine envers les poètes.

Pier Paolo Pasolini / La rage / Éditions NOUS

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Dans le monde la crise se résout, encore une fois : les nouveaux morts sont pleurés, honorés, et recommence, toujours plus intégrale et profonde, l’illusion de la paix et de la normalité.

Pier Paolo Pasolini / La rage / Éditions NOUS

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Car : tant que l’homme exploitera l’homme, tant que l’humanité sera divisée en maîtres et en esclaves, il n’y aura ni normalité ni paix.
Voilà la raison de tout le mal de notre temps.

Pier Paolo Pasolini / La rage / Éditions NOUS

zoun.fr

« Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots. » Martin Luther King ( Remaining Awake Through a Great Revolution, 1968 )

« Tous les étrangers ne sont pas des barbares, et tous nos compatriotes ne sont pas civilisés » Jean de La Bruyère ( Les caractères ou Les mœurs de ce siècle, 1688 )

« Personne n’est né avec la haine pour l’autre du fait de la couleur de sa peau, ou de son origine, ou de sa religion. Les gens doivent avoir appris à haïr, et s’ils peuvent apprendre à haïr, ils peuvent apprendre à aimer car l’amour jaillit plus naturellement du cœur humain que son opposé. » Nelson Mandela ( Un long chemin vers la liberté, 1994 )

 

À nous de jouer !

« Maëster, (…) grand Caricaturiste de presse (…) et fier papa de Soeur Marie-Thérèse des Batignolles pour ne citer qu’elle, a été victime d’un AVC en Septembre 2015. Depuis il ne vit qu’à moitié et ce n’est pas qu’un joke! (…) Il faut bien sûr beaucoup de courage et de patience au quotidien et il en faut encore plus, vous vous en doutez, pour demander de l’aide. (…) Grâce à nous tous et à notre générosité, ils pourraient envisager un nouveau traitement en Août 2016. « 

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« À vous de jouez! Tweetez! Facebookez! Réseautez! Faites passer le mot au plus de monde possible! »